Ygrec répond à vos questions

 

Kumpiy le livre sacré - tome 3

 

 

 

 

 

La quête est chemin

« Il ne faut pas chercher, il faut trouver ».

 

Vous avez raison, chers lecteurs, cette citation demande un développement.

 

C’est une phrase que prononce Madame Oubaseka, après avoir demandé à ces jeunes élèves de ne pas s’attacher au décryptage de l’énigme proposée par le livre sacré.

 

Bien entendu, si vous voulez une réponse, il vous faudra chercher, mais cette recherche doit toujours rester à  sa place. Elle est un moyen d’arriver au but.

Nos ego sont habiles à nous détourner de nos objectifs.

 

Pour Tara et Michel, les énigmes du livre sacré, ouvrent de multiples possibilités. Ils expérimentent, avec elles, l’étroitesse et l’étendue du mot. Ils savent que le champ ouvert grâce à cette expérimentation, dépend de leur perception des choses. Essayer de comprendre, analyser chaque possibilité offerte, élargir son champ d’action sont de bonnes choses, à condition de ne pas trop s’éloigner, au risque de se perdre.

 

De même, la quête spirituelle  est lente, semée d’embûches et d’artifices, riche souvent, mais décourageante parfois. Le chemin nous paraît souvent tellement long, que la tentation de s’arrêter est forte, bien que les pauses soient nécessaires. L’ego en profite pour nous faire croire que nous sommes arrivés.

 

C’est ainsi que nous confondons le but à atteindre, et les moyens utilisés.

C’est ainsi que la religion, quelle qu’elle soit, qui est un moyen pour approcher la divinité, pour se relier à elle, devient parfois une fin en soi. Beaucoup exécutent les rites, appliquent les préceptes, par peur de pécher et sans se demander comment évoluer. Ils s’attachent à la forme en laissant de côté le fond.

 

C’est comme si, chers lecteurs, cherchant un trésor dont le lieu vous est inconnu, sachant seulement que le chemin pour y parvenir est semé de cailloux blancs, ignorant que  la personne qui a marqué ce chemin, a parsemé de ces mêmes cailloux blancs, l’espace qui entoure l’objet de vos recherches pour justement vous montrer son emplacement, vous tourniez autour de ce trésor sans le voir, parce que, tout simplement, vous vous concentrez sur le marquage. 

 

 

 

Connaissance et pouvoir

 

 

« Quand nous augmentons nos connaissances spirituelles, nous nous ouvrons en même temps à d’autres possibilités, qui sont, en quelque sorte, des pouvoirs ». (Page 69, Tara la guérisseuse)

 

Cette phrase vous interpelle chers lecteurs ! Et il y aurait beaucoup à dire sur ces quelques mots.

Je vous demande, tout d’abord, chers élèves, de ne pas isoler cette phrase de son contexte. C’est ainsi que vous en comprendrez mieux le sens. Il est important, ensuite, de noter que ce contexte nous protège (un peu !) de nos ego, des ego prompts à donner au mot « pouvoir » toute sa connotation de puissance, pour la dévier, et nous tirer doucement vers l’exceptionnel.

Dans cette phrase nous avons les mots : « possibilités », « en quelque sorte », et « pouvoirs ».

Le mot « possibilités » est pour moi, plus juste, car tout nous est possible, tout est à notre disposition, mais nous ne le voyons pas. Quand nous progressons spirituellement, nous ouvrons petit à petit notre conscience. Cela nous permet d’utiliser ce qui est naturellement en nous, parce que tout simplement tout devient « visible ».

J’ai employé ensuite l’expression « en quelque sorte », j’aurai pu écrire "d'une certaine façon".

Ces possibilités sont, d’une certaine façon, des pouvoirs, pouvoirs justement au sens de puissances, mais puissances seulement du point de vue terrestre, puissances pour ceux qui n’utilisent pas encore ces possibilités, parce qu’ils n’ont pas encore ouvert les yeux de l’intérieur, et qu’ils croient qu’elles sont exceptionnelles ou qu'elles n'existent pas.

Il n’y a pas d’exception, tout le monde a les mêmes dispositions, mais pour certains, la porte est ouverte, pour d’autres, elle est encore fermée. Pour certains, il n'est pas encore temps, ils ne sont pas prêts. D'autres ne veulent pas voir ou ont peur. D'autres encore ne peuvent imaginer qu'il puisse exister autre chose que ce qu'ils peuvent voir avec leurs yeux , ou entendre avec leurs oreilles. Chacun est libre. Notre évolution spirituelle sera plus lente ou plus rapide. Peu importe.

C’est ici qu’il faut bien comprendre la suite du paragraphe. Il est facile pour nos ego de nous manipuler. Plus nous évoluons, plus notre vigilance doit s’aiguiser. La chute est toujours possible. Chaque progression s’accompagne de possibilités retrouvées, mais aussi de responsabilités liées.

 

 

 

 

Les mots sont larges et étroits à la fois

 

« Meng leur recommandait la vigilance, les mots étaient étroits, et en même temps, très larges. Tara et Michel la questionnaient souvent sur cette apparente contradiction.

« C’est vous qui, inconsciemment, déterminez l’étroitesse ou la largeur » leur répondait-elle, « c’est votre regard qui change la signification d’un mot ».

Puis elle précisait : « S’initier, c’est développer sa conscience». »

 

 

Comme Tara et Michel, vous vous interrogez chers lecteurs. Et vous avez raison, car ce n’est pas si simple.

Nous partirons de la dernière phrase : « S’initier, c’est développer sa conscience».

En effet, plus nous ouvrons notre conscience et plus le mot va révéler son étroitesse, plus son interprétation nous paraîtra restreinte par rapport à tout ce qu’il suggère. Prononcer le mot revient alors à enfermer une ou des notions dans une boîte trop petite pour elle(s). Mais cette boîte, on l’appelle aussi le mot. Le mot est étroit en tant que contenant.

Si nous allons au-delà de la signification pour s’imprégner du Sens, alors le mot est large, et il l’est en tant que contenu.

La phrase « c’est votre regard qui change la signification d’un mot » insiste sur la qualité de notre perception, donc de l’ouverture de notre conscience. Le contenu est toujours riche, mais il nous arrive de n’en voir que la partie proche du contenant.

C’est pour cette raison que Meng demande la vigilance à ses élèves. Il est facile de tomber dans les pièges de l’ego.

En quelque sorte le mot en tant que contenant est une lampe, et le Sens est le génie de la lampe. La même lampe ne pourra servir que de décoration, elle pourra être utile à l’éclairage de pièces plus ou moins grandes, ou laissera échapper une magie plus ou moins puissante. Tout dépend de l’utilisateur, ou plutôt de la finesse de sa perception.

 

 

 

 

 

L’action et la réception

 

 

Le sujet revient souvent dans vos questions. Je l’aborde dans « Tara la guérisseuse ». Pour ceux qui n’ont pas encore lu ce livre, voici l’extrait concerné.

"...Il fit le vide dans son esprit, et se mit «en mode réception» comme disait Meng. Madame Oubaseka avait expliqué qu’il y avait un temps pour l’action, et un temps pour la réception. « Si vous souhaitez écouter de la musique, vous devez tourner le bouton, ça, c’est l’action. Vous devrez ensuite écouter, c’est la réception. Si vous pensez à autre chose, à ce que vous allez faire ensuite, à ce que vous avez fait la veille, avec un minimum de concentration, la musique devient un bruit de fond. Vous ne l’écoutez pas vraiment, donc vous ne l’entendez pas non plus vraiment ». Elle s’était alors arrêtée, attendant une remarque qui n’avait pas tardé à arriver. « Mais Maître ! Ne pouvons-nous pas faire deux choses à la fois ? Cela nous arrive souvent ! » Dit Michel surpris. « Quand nous pensons que nous pouvons faire deux choses à la fois. C’est vrai et c’est faux » leur répondit-elle. « Nous ne percevons pas l’écart qui existe entre deux pensées, leur vitesse est trop élevée. Les pensées, les informations se succèdent. Elles ne se sont pas traitées ensemble dans notre cerveau, mais l’une après l’autre. C’est ce que les scientifiques appellent « goulet d’étranglement central ». Le temps est tellement court entre deux traitements que nous ne le percevons pas.

Si nous reprenons notre exemple précédent, vous pensez à ce que vous avez fait la veille et vous écoutez de la musique, les informations arrivent toutes ensembles, mais passent une à une dans le fameux goulet. À un certain niveau, vous avez fait deux choses à la fois, à un autre, cela a été impossible. Si vous vous demandez, par exemple, ce que vous devez faire dans une situation donnée, vous faites d’abord des plans, mais vous devez arrêter ce processus. Ainsi, quand la réponse arrive, elle vient seule, elle est reçue plus rapidement et ne sera pas mêlée à vos propres suppositions. Elle devient nettement visible en tant que réponse, en tant que réception, au lieu d’être noyée dans la masse des pensées d’action ». (Tara la guérisseuse - Tome 3 de la suite romanesque et fantastique : Kumpiy le livre sacré)

 

 

Ce n’est pas du tout évident, et notre ego adore les raccourcis qui vont nous leurrer sur notre état d’esprit. Ainsi la première phrase intrigue. L’expression faire le vide est ambiguë. Il serait peut-être plus judicieux de dire, par exemple : permettre le vide ou laisser son esprit se vider. Le fait de nommer est réducteur mais il faut bien en passer par là.

Les pensées nous inondent sans cesse, vouloir les chasser ne sert pas à grand-chose, c’est leur accorder de l’importance. Si nous les laissons passer, leur flot s’arrêtera, au moins pour un temps.

Nous pouvons alors nous mettre en mode réception, c'est-à-dire laisser venir les informations, les regarder passer quand elles reflètent des doutes ou des questions, repérer les réponses que nous attendons. Le mode réception est une disponibilité entière, qui rejette toute forme de calcul, et qui ne fonctionne que dans le moment présent.

 

 

 

 

"On ne se connecte pas à l’objet mais à la source"

 

« Pour récupérer ensuite, il est possible de se ressourcer, grâce à la nature, au soleil, et tout simplement en respirant, la respiration consciente étant plus efficace encore. Mais attention ! On ne se connecte pas à l’objet mais à la source. »

 

 

La lecture de la dernière phrase de ce passage vous plonge dans le doute, chers lecteurs ! Tous mes livres contiennent ce genre de petits messages, posés là, ou lancés, après des explications plus précises, semant le trouble dans ce qui semblait des certitudes. C’est que ce questionnement doit exister, car ce questionnement ouvre des portes.

« On ne se connecte pas à l’objet mais à la source.»

Voyons maintenant cette phrase d’un peu plus près. Le soleil, un arbre, une fleur, sont des éléments de la nature au même titre que l’homme. Nous sommes cousins, ou frères, en somme, issu de la même source, de la même énergie créatrice. Mais concrètement, matériellement, et lorsque nous nous incarnons, nous prenons des formes différentes. Chacun a une façon particulière de se manifester dans le monde. Et nous devons vivre tous en harmonie. Pour certains, l’arbre et la fleur ne sont que des images ou que des corps, mais ils sont bien plus que cela.

Rappelez-vous chers lecteurs, qu’on peut « utiliser » un arbre pour se ressourcer, ou bien lui demander de l’aide. Ce n’est pas la même chose !

Il s’agit d’entrer dans la conscience de la vie, ou de ce que l’on pourrait appeler l’esprit, un esprit qui habite ces corps et dont on ne voit que les couleurs et les formes.

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